Située au centre-ville de Quimper, la médiathèque des Ursulines occupe une situation stratégique entre le centre ancien , piétonnier, et le coeur culturel de la ville, constitué par le théâtre de Cornouaille , l’École des Beaux-Arts , le centre d’Art Contemporain et le cinéma du Chapeau Rouge.
La médiathèque a été édifiée en lieu et place de l’ancien couvent des Ursulines. Construit en 1760, celui-ci fut transformé pour partie en caserne et en tribunal au début du 19è siècle. Elle propose plus de 220 000 documents répartis en différents supports : 200 000 livres, 10 000 CD, 6 000 DVD, 3 800 cartes, plans, diapositives... Riche de collections anciennes et d’un fonds breton important, elle constitue également un lieu d’étude patrimonial privilégié. La bibliothèque patrimoniale offre en consultation sur place un fonds ancien de 40 000 documents , incluant manuscrits, incunables, cartes et plans, imprimés, allant du Moyen âge à la première Guerre mondiale. La bibliothèque bretonne dispose également de plus de 23 000 documents , consultables sur place, organisés autour de la thématique de la Bretagne et de la Cornouaille (littérature , culture , langue...). Le catalogue peut être interrogé sur le site des bibliothèques.
Au cours du 17ème siècle, de nombreuses congrégations s'implantent dans la plupart des villes avec pour mission principale l'enseignement. C'est le cas des Ursulines qui arrivent à Quimper en 1623. Sébastien de Rosmadec, gouverneur de Quimper, finance cette fondation. Sa sœur devient la supérieure de 24 religieuses.
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C'est sur la « Terre au Duc », autour de l'église Saint-Mathieu que s'implantent la plupart des congrégations, profitant de terrains disponibles que la ville de l'évêque enserrée dans son rempart ne peut leur fournir : Capucins (1613), Cordelières (1633), Cisterciennes (1668) et Dames de la Retraite (1678) enclosent leur couvent et plantent des jardins et des vergers, faisant de la « Terre au Duc », une véritable terre des couvents (Maez minihy) .
La Compagnie de sainte Ursule est fondée à Brescia par Angèle Merici en 1535, et approuvée par le pape Paul III en 1544. Les Ursulines sont des congrégations soumises à la règle revue par Charles Borromée. Leur vocation, confirmée par le pape Paul V, est l'éducation des jeunes filles, principalement la religion, ensuite lire, écrire et les travaux ménagers. Elles accueillent les jeunes filles de l'aristocratie comme pensionnaires et les moins fortunées comme externes. La première fondation en France a lieu en 1592 à l'Isle sur la Sorgue.
Les Ursulines disposent d'un vaste terrain enclos qui longe la rue Saint Mathieu (rue du Rossignol), la rue du Chapeau Rouge (rue des Fèvres), la rue du Couedic (rue Porz Mahé), la rue Saint Marc dans sa partie basse et comprend l'actuelle place de la Tour d'Auvergne dans sa totalité. Un premier bâtiment est construit en 1621 entre l'église Saint Mathieu et la rue du Chapeau Rouge. En équerre, il longe la rue du Chapeau Rouge et la venelle passant entre l'église Saint Mathieu et la chapelle du Paradis (détruite en 1792). L'entrée principale se fait par la place saint Mathieu, face au cimetière.
Sous la pression de l'évêque qui souhaite une plus grande maîtrise de la clôture, un second bâtiment est construit en 1760 en retrait des voies et tournant le dos à la ville. Conçu comme la plupart des bâtiments conventuels comme un quadrilatère autour d'un cloître, il ne sera jamais achevé et aujourd'hui encore, seules les deux ailes en équerre témoignent de cette architecture austère. Les bâtiments comportent deux étages aux fenêtres sobrement alignées. Les façades intérieures en pierre de taille comportent dix travées correspondant aux dix arcades du rez-de-chaussée. L'aile faisant face à l'église Saint Mathieu, qui devait être la façade principale, possède un décor de trois cartouches présentant le monogramme IHS, des cœurs et les instruments de la passion et au niveau supérieur deux autres cartouches aujourd'hui vides. L'aile en retour abritait à son extrémité ouest la chapelle. Le couvent était organisé autour de grandes galeries de circulation, reprenant l'articulation du cloître, desservant au rez-de-chaussée les cuisines et le réfectoire et à l'étage les dortoirs. Un escalier en pierre de taille rampe sur rampe placé à la rencontre des deux ailes desservait les étages.
La Révolution décrète l'interdiction des congrégations et la confiscation de leurs domaines au profit de la nation. Cette nationalisation entraîne une profonde mutation de la « Terre des couvents ». La plupart des bâtiments trouvent une fonction administrative (gendarmerie), ou sont vendus comme bien national et ne trouveront une nouvelle fonction que sous l'empire (lycée Brizeux actuel ou évêché).
En 1790, 41 religieuses habitent le couvent des Ursulines. Ayant prêté serment, elles restent à Quimper jusqu'en 1794, mais les bâtiments et les terrains deviennent bien national et sont partagés en trois parties entre la ville et le département.
La partie ouest est affectée à la création d'une vaste place (place de la Révolution qui restera connue sous le nom de place neuve), une aile du bâtiment du 18ème siècle est convertie en « prison d'Etat ». En 1793, 400 prisonniers y sont entassés dans des conditions sanitaires catastrophiques.... Ils font partie des 2784 prisonniers présents à Quimper ! L'autre aile est affectée à la justice (tribunal 1798) ; puis l'aile en retour, acquise par la ville, après avoir accueilli une caserne de vétérans, est mise à la disposition du Département de la guerre pour l'établissement d'un casernement en 1808. Le bâtiment du 17ème siècle, jusque-là servant d'écuries, est affecté en 1809 à la « maison de justice » qui accueille les prisonniers devant passer en jugement ou les mineurs. Dès ces années une ruelle coupe l'ancien enclos en deux et des murs de clôture protègent caserne, tribunal et maison de justice. L'ancien cimetière Saint-Mathieu est devenu la place du Finistère.
En 1828, la partie affectée au tribunal est rachetée par le ministère de la guerre pour l'aménagement d'une caserne. Le tribunal est transféré dans un nouveau bâtiment construit sur les quais par l'architecte Lemarié. Différents travaux permettent d'adapter l'ancien couvent à sa nouvelle fonction : les arcades du cloître sont fermées et la chapelle supprimée. Pour cela, on supprime les cinq baies en plein cintre qui sont remplacées par 5 travées de fenêtres. En 1842 la rue passant devant l'église Saint Mathieu est prolongée par le percement de la rue de Douarnenez. La partie à l'est conserve sa fonction de maison de justice, tandis que de l'autre côté de la rue, face au clocher de l'église Saint Mathieu qui vient d'être reconstruit, la caserne voit la construction de nouveaux bâtiments rendus nécessaires par le développement du casernement (1862 bâtiment le long de la rue Saint Marc et 1874). Un bâtiment construit suivant l'architecture type des casernes voit le jour en 1879. A l'angle de la place Neuve (qui prendra le nom de Tour d'Auvergne en 1907) est édifié un corps de garde d'un étage couvert en tuiles et dans l'autre angle de la place, la maison du commandant complète cet ensemble disparate. En 1887, la caserne des Ursulines, prend le nom de caserne de la Tour d'Auvergne.
En 1874, le régiment du 118ème d'infanterie de ligne s'installe à Quimper. C'est un régiment prestigieux créé en 1808 pour la première campagne d'Espagne. Le petit-fils de Georges Clémenceau ainsi que le général Pétain y seront affectés. Le 118ème se distingue pendant la guerre de1914 - 1918. En 1914, il participe à la « course à la mer » (Maissin, La Boisselle) ; 1915 en Champagne ; 1916 à Verdun ; 1917 à Laffaux et 1918 à Tiffolay où il participe à l'arrêt des troupes allemandes qui menacent Paris et au Chemin-des-Dames. Il compte plus de 3000 morts et obtient 3 citations à l'ordre de l'armée. En 1928, il est renommé 137ème de ligne.
En 1921, le département supprime la prison de la rue du Chapeau Rouge. Le bâtiment est alors loué à l'administration des Postes qui en fait sa recette principale. Acheté par la ville en 1924, il est démoli en 1929. Une partie des pierres de démolition sont encore visibles : quelques lucarnes à fronton ont été rachetées par la commune de Locronan pour des travaux d'embellissement de la place et le campanile est à présent dans le jardin de l'évêché après avoir longtemps orné le jardin au pied du rempart. En 1937 la ville construit à son emplacement de nouvelles halles avec une salle des fêtes...
La caserne ferme définitivement ses portes en 1982. Rachetée par la ville elle tombe dans un long abandon. Le terrain et certains bâtiments de la caserne sont malgré tout petit à petit réinvestis. Le mur de clôture est abattu et permet l'utilisation des anciennes cours comme parking. A la fin des années 1980, le bâtiment de 1862 accueille les studios de radio, l'école des beaux arts quitte l'ancienne école de la rue du Chapeau Rouge pour le grand bâtiment de 1879, bientôt rejointe par la création du centre d'art contemporain (1990) qui prend le nom de Quartier en référence au passé militaire du lieu.
Le bâtiment des Ursulines est cependant protégé au titre des monuments historiques en 1987 ce qui le sauve de la démolition.
La décision de construire une nouvelle salle de spectacle, après bien des hésitations et des polémiques détermine un nouvel avenir pour l'ancien enclos des Ursulines. Le Théâtre de Cornouaille s'implante au fond de la parcelle, sa façade principale tournée vers le centre de l'îlot, créant ainsi une esplanade qui prend le nom François Mitterand. La construction du théâtre a entraîné la destruction de la maison du corps de garde et de la maison du commandant. Le théâtre est inauguré en 1998 par Catherine Trautman, ministre de la culture et de la communication.
Le transfert de la compétence de la lecture publique à la Communauté d'agglomération permet de reprendre le projet de l'agrandissement de la bibliothèque municipale, plutôt à l'étroit dans l'immeuble de la rue Toul Al Laer. Le concours est remporté par Marc Iseppi et l'Atelier Novembre.
Pour préserver la mémoire des lieux, les façades extérieures et la charpente du bâtiment d'origine (inscrites à l'inventaire des m
onuments historiques), ont été conservées et entièrement restaurées. Les deux galeries du cloître sont restituées dans leur intégralité et retrouvent leur rôle de circulation. De même, l'entrée principale de l'établissement s'effectue par l'entrée historique du bâtiment, face à l'église Saint Mathieu. A l'intérieur, tout est repensé et reconstruit pour offrir un équipement moderne et fonctionnel, notamment la structure en béton armé des planchers destinés à supporter la charge de milliers de livres. Les deux extensions sont traitées en décollement des façades existantes, c'est-à-dire selon une architecture totalement différente, permettant de lever toute ambiguïté entre les interventions nouvelles et le bâtiment ancien.
Dans l'enceinte de l'ancien cloître dont les arcades sont à nouveau ouvertes, un jardin, propice à la lecture, permet de retrouver l'emprise et l'atmosphère de l'ancien couvent.
10, rue de Falkirk 29000 Quimper http://bibliotheques.quimper-communaute.fr Tél : +33(0)2 98 98 86 60 Le 6 septembre 2008, la Médiathèque des Ursulines ouvre au public ses portes, ses allées de documents, ses espaces de découverte et de lecture. Il y est proposé 120.000 documents en libre accès organisés en collections thématiques, mêlant les différents supports, imprimés et numériques, sur plus de 2.500 m² dédiés au public répartis sur trois niveaux. Ce nouvel équipement remplit également un rôle de tête de pont pour le réseau de lecture publique de Quimper Communauté. Consulter la page adhérent |